Tu ne m’as jamais mérité.
Tu n’es pas digne de pénétrer les secrets de mon appétence. Chez toi, je suis une impératrice régnant sur ton insuffisance. Tout en toi n’inspire que tribulations éhontées : ce regard fuyant, ces mains breneuses, ce verbe lassant et cette démarche douteuse.
Tant d’hommes se perdent pourtant dans une entreprise conquérante. Vaillamment équipés ils arpentent collines et vallons d’une nature engageante ; ils bravent chaque excentricité du terrain avec précision et prescience ; ils sont avant tout les explorateurs de la connaissance.
Mais toi … toi tu resteras ignorant et impuissant parce que même ton esprit ne sera jamais capable d’imaginer de tels agréments. Tu resteras chez toi, au pays de l’insuffisance, pendant que d’autres hommes méritant feront ce grand voyage des sens.